Knives & Scars

Chapter 7 : Avoir un ami

Le temps se faisait de plus en plus froid. Le ciel était constamment couvert d'un épais voile de nuages. Ne laissant plus aucune lueur des étoiles.
Shirotan n'avait jamais aimé les vestes d'hiver, car il n'en avait jamais trouvé une qui lui correspondait. Les manches étaient trop serrées, soit la veste était trop lourde. Alors il avait pris l'habitude de sortir de chez lui, avec un pull fin à tirette, propre et sans tâches. Mais pas cette fois-ci. Il traversa la rue portant un grand pull à capuche noir avec des accrocs aux manches, et une odeur de cigarette, ses cahiers de cours dans un sac à bandoulière.
Matinée de cours. Shirotan était assis dans le coin le moins peuplé de l'auditoire, il écoutait d'une oreille le cours, et se rendit compte qu'il avait perdu la compréhension du fil de la leçon. Ce matin-là, sa tête était ailleurs. Ses absences l'avaient fait prendre du retard, et le cursus scolaire n'avait pas pour habitude d'aider les retardataires.
Pause de midi.
Shirotan alla se réfugier dans la bibliothèque, seul. À l'abri des regards, il ouvra un carnet de poche, et se mit à dessiner.
Il prit en main son téléphone, alla dans la galerie photos du système et il vit : une photo plutôt bien cadrée du torse jusqu'au hanches de son ami de ce matin. Il rougit et posa instinctivement très rapidement le téléphone retourné sur la table, en se tenant d'exploser, la main sur la bouche, les joues enflammées.
Lorsque la pause de trente minutes de déjeuner prit fin, il devait rejoindre son local attribué pour suivre ses cours de l'après-midi.
Il luttait contre le sommeil, ses yeux se fermaient tout seul et sa tête tombait en avant sans relâche.
Les cours étaient épuisants, ou plutôt sa condition physique était anéantie par l'énergie qui a filé les jours passés.
La matin même de cette journée, il ouvra les yeux et réalisa que dans son lit, était allongé un corps. Il ne comprit pas de suite ce qu'il se passa, et fut effrayé quand il vit la masse ombrageuse qui était posé à quelques pouces de son visage. Kuroge.
Un poids lourd était posé sur ses hanches, son bras l'entourant d'une étreinte abandonnée dans son sommeil. N'arrivant pas à bouger, une douleur abdomibale de ses membres endormis commençait à accélérer le rythme de son coeur, tétanisé par la situation, il tenta de se dégager de son bras et à ce moment-là, le téléphone glissa de la couverture et tombe au sol.
Kuroge se retourna lourdement. Sa respiration était intense, comme si il venait de vider son âme dans l'air stagnant de la chambre. Il semblait profondément endormi.
Il resta là, à le contempler divaguement dans une nuée de sommeil silencieux.
Shiro se redressa et descendit doucement du lit, enfila une veste et sorti dehors.

La veille, il était resté chez lui.
Le soir d'après aussi.

~~~

[Lui et juste Lui]




"- Ce garçon possède une lueur au fond de ses yeux. Une lueur sinistre.
Comme un soleil sombre, une éclipse derrière des nuages, un hurlement sourd.
Il est vivant, conscient, il ressent les choses.
Lorsque quelqu'un de faible, physiquement et mentalement, semble s'écrouler, si ton âme ressent de la compassion, autrement dit, de la souffrance nous nous retrouvons dans le besoin de l'aider.
Parce que nous voulons protéger sa valeur, son essence. Parce que dans ses yeux, nous nous voyons comme dans un miroir creux, cette âme qui hurle en silence pour se faire délivrer. "

Mika répondit :
"- Vous semblez bien vous entendre, c'est une bonne nouvelle. L'être humain est capable de choses merveilleuses , ce serait dommage de l'ignorer. Et l'espoir est une merveilleuse chose à laquelle se raccrocher."

Kuroge et Mika était adossé contre la devanture du salon, à poncer et repeindre les châssis, Kuro avait l'habitude d'aider pour les travaux manuels. Le salon était entretenu par les soins de Mika, les éléments étaient parfaitement à l'image de ce qu'un salon de tatouage et d'art alternatif pouvait ressembler. Un masque sculpté ornait l'entrée.
Mika voulait du vert foncé pour la fin d'année mais finalement a opté pour du rouge carmin.

"- Aujourd'hui, il faut que je quitte le salon un peu plus tôt, je dois rejoindre Vin's pour l'aider à ramener des affaires pour son atelier. Je te file les clés, tu pourras te charger du salon ?"

Kuroge ouvrit une bière, à l'aide d'un briquet. Jeta un coup oeil fixe dans les yeux de Mika et dit :
"- Ok. Mais alors je garde le petit. Il est a moi. Je prendrai soin de lui."

Mika souriant lui fila une tape dans le dos et dit :
"- Comme tu voudras, je ne m'y opposerais pas. Bonne chance à toi ~ mignon garçon"
Il s'éloigna et rentra se changer dans le salon.

Kuroge, pensif se dit qu'il avait de la chance, que les choses se remettaient en ordre de manière saine et que ce n'était pas une mauvaise chose.
Maintenant que ses désirs étaient éclairés, il n'y avait pas de raisons de renoncer. Il avait décidé qu'il apporterait son aide. Du soutien. Peut-être était-ce l'influence de Mika, son habitude à aider les chats errants, ou qu'à ce moment précis dans sa vie, il se sentait de taille à vouloir se sentir utile.
Il reçu un sms sur son portable, le sortant de ses idées bienveillantes.

" Rdv 21h, offre unique. Tarif élevé."

Il prit une grande gorgée et posa sa bière au sol.

~~~

Kuroge ne rentra pas ce soir-là.
Shirotan qui était dehors passa devant la vitrine du shop mais les lumières étaient éteintes et la porte fermée.
Il décida de rentrer directement chez lui, le moral un peu à plat, l'excitation de voir Kuroge était retombée.
Dans le train, il se laissa porter par la vitesse. Se laisser emporter par le courant, pensa-t-il. Il jeta un coup d'oeil dans sa galerie de photos dans son téléphone.
Ses images étaient précieuses, elles composaient un ensemble de schémas de pensées, de preuves visibles mais digitales d'un univers que seul le détenteur pouvait comprendre. Derrière chaque galerie de photos de chacuns de nous, représente un état d'âme. Notre esprit est exposé au grand jour par des pixels colorés, des images, photos, couleurs, moments, écrits. Notre personnalité est trahie par ces images. Tout cela définit une partie de qui nous sommes. Une partie de notre passé. De nos secrets. Car le futur, n'est pas enregistré dans notre mémoire téléphone.
Si nous perdons notre mémoire, la mémoire digitale reste ; mais se détruit au fil du temps si celle-ci n'est pas conservée dans les meilleures conditions.
Les souvenirs d'un être existe dans les connexions matérielles. Tout comme la mémoire digitale, cependant le souvenir mental d'un individu ne peut être exprimé au grand jour que par la manifestation de ses pensées.

Shiro perdu dans ses pensées manqua son arrêt. Il descendait aussi rapidement que possible du train, se retrouvant sur le quai inanimé d'une gare vide.
Désespéré il s'asseya sur un banc, il était 23h. Le dernier train de passage passait dans quarantes minutes.
Toujours pas de nouvelles de Kuroge.
Il composa son numéro de portable d'une main tremblante, et se décida de lui envoyer un message.

Manqué mon arrêt de train. Somnolant.
Tu fais quoi ?
S.


Après une douzaine de minutes, le téléphone vibra et afficha un message reçu.

Occupé jusque minuit.
Affaire chiante. Mais je rentre après.
Tu veux qu'on se voit ?
Kuro


Un sentiment d'espoir éclairait sa nuit obscure, comme la vision d'une luciole un soir d'été. Malgré les -4°c de cette soirée d'hiver, il allait retourner en ville et rejoindre quelqu'un. Quelqu'un allait l'attendre. Quelqu'un l'attendait.
Cette idée lui rendait le délicat goût de vivre. L'excitation provoquée par cette attente lui retournait le ventre, mais il se sentait léger et heureux d'avoir cette opportunité gratifiante
- d'avoir un ami.

[Chapter 7 : Avoir un ami]

Le temps se faisait de plus en plus froid. Le ciel était constamment couvert d'un épais voile de nuages. Ne laissant plus aucune lueur des étoiles.
Shirotan n'avait jamais aimé les vestes d'hiver, car il n'en avait jamais trouvé une qui lui correspondait. Les manches étaient trop serrées, soit la veste était trop lourde. Alors il avait pris l'habitude de sortir de chez lui, avec un pull fin à tirette, propre et sans tâches. Mais pas cette fois-ci. Il traversa la rue portant un grand pull à capuche noir avec des accrocs aux manches, et une odeur de cigarette, ses cahiers de cours dans un sac à bandoulière.
Matinée de cours. Shirotan était assis dans le coin le moins peuplé de l'auditoire, il écoutait d'une oreille le cours, et se rendit compte qu'il avait perdu la compréhension du fil de la leçon. Ce matin-là, sa tête était ailleurs. Ses absences l'avaient fait prendre du retard, et le cursus scolaire n'avait pas l'habitude d'aider les retardataires.
Pause de midi.
Shirotan alla se réfugier dans la bibliothèque, seul. À l'abri des regards, il ouvra un carnet de poche, et se mit à dessiner.
Il prit en main son téléphone, alla dans la galerie photos du système et il vit : une photo plutôt bien cadrée du torse jusqu'au hanches de son ami de ce matin. Il rougit et posa instinctivement très rapidement le téléphone retourné sur la table, en se tenant d'exploser, la main sur la bouche, les joues enflammées.
Lorsque la pause de trente minutes de déjeuner prit fin, il devait rejoindre son local attribué pour suivre ses cours de l'après-midi.
Il luttait contre le sommeil, ses yeux se fermaient tout seul et sa tête tombait en avant sans relâche.
Les cours étaient épuisants, ou plutôt sa condition physique était anéantie par l'énergie qui a filé les jours passés.
La matin même de cette journée, il ouvra les yeux et réalisa que dans son lit, était allongé un corps. Il ne comprit pas de suite ce qu'il se passa, et fut effrayé quand il vit la masse ombrageuse qui était posé à quelques pouces de son visage. Kuroge.
Un poids lourd était posé sur ses hanches, son bras l'entourant d'une étreinte abandonnée dans son sommeil. N'arrivant pas à bouger, une douleur abdomibale de ses membres endormis commençait à accélérer le rythme de son coeur, tétanisé par la situation, il tenta de se dégager de son bras et à ce moment-là, le téléphone glissa de la couverture et tombe au sol.
Kuroge se retourna lourdement. Sa respiration était intense, comme si il venait de vider son âme dans l'air stagnant de la chambre. Il semblait profondément endormi.
Il resta là, à le contempler divaguement dans une nuée de sommeil silencieux.
Shiro se redressa et descendit doucement du lit, enfila une veste et sorti dehors.

La veille, il était resté chez lui.
Le soir d'après aussi.

~~~

[Lui et juste Lui]


"- Ce garçon possède une lueur au fond de ses yeux. Une lueur sinistre.
Comme un soleil sombre, une éclipse derrière des nuages, un hurlement sourd.
Il est vivant, conscient, il ressent les choses.
Lorsque quelqu'un de faible, physiquement et mentalement, semble s'écrouler, si ton âme ressent de la compassion, autrement dit, de la souffrance nous nous retrouvons dans le besoin de l'aider.
Parce que nous voulons protéger sa valeur, son essence. Parce que dans ses yeux, nous nous voyons comme dans un miroir creux, cette âme qui hurle en silence pour se faire délivrer. "

Mika répondit :
"- Vous semblez bien vous entendre, c'est une bonne nouvelle. Nous, êtres humains sont capables d'accomplir des choses merveilleuses. L'espoir est une merveilleuse chose à laquelle se raccrocher. Et ce serait dommage de l'ignorer."

Kuroge et Mika était devant la devanture du salon, à poncer et repeindre les châssis, Kuro avait l'habitude d'aider pour les travaux manuels. Le salon était entretenu par les soins de Mika, les éléments étaient parfaitement à l'image de ce qu'un salon de tatouage et d'art alternatif pouvait ressembler. Un masque sculpté ornait l'entrée.
Mika voulait du vert foncé pour la fin d'année mais finalement a opté pour du rouge carmin.

"- Aujourd'hui, il faut que je quitte le salon un peu plus tôt, je dois rejoindre Vin's pour l'aider à ramener des affaires pour son atelier. Je te file les clés, tu pourras te charger du salon ?"

Kuroge ouvrit une bière, à l'aide d'un briquet. Jeta un coup oeil fixe dans les yeux de Mika et dit :
"- Ok. Mais alors je garde le petit. Il est à moi. Je prendrai soin de lui."

Mika souriant lui fila une tape dans le dos et dit :
"- Comme tu voudras, je ne m'y opposerais pas. Bonne chance à toi ~ mignon garçon"
Il s'éloigna et rentra se changer dans le salon.

Kuroge, pensif se dit qu'il avait de la chance, que les choses se remettaient en ordre de manière saine et que ce n'était pas une mauvaise chose.
Maintenant que ses désirs étaient éclairés, il n'y avait pas de raisons de renoncer. Il avait décidé qu'il apporterait son aide. Du soutien. Peut-être était-ce l'influence de Mika, son habitude à aider les chats errants, ou qu'à ce moment précis dans sa vie, il se sentait de taille à vouloir se sentir utile.
Il reçu un sms sur son portable, le sortant de ses idées bienveillantes.

" Rdv 21h, offre unique. Tarif élevé."

Il prit une grande gorgée et posa sa bière au sol.

~~~

Kuroge ne rentra pas ce soir-là.
Shirotan qui était dehors passa devant la vitrine du shop mais les lumières étaient éteintes et la porte fermée.
Il décida de rentrer directement chez lui, le moral un peu à plat, l'excitation de voir Kuroge était retombée.
Dans le train, il se laissa porter par la vitesse. Se laisser emporter par le courant, pensa-t-il. Il jeta un coup d'oeil dans sa galerie de photos dans son téléphone.
Ses images étaient précieuses, elles composaient un ensemble de schémas de pensées, de preuves visibles mais digitales d'un univers que seul le détenteur pouvait comprendre. Derrière chaque galerie de photos de chacuns de nous, représente un état d'âme. Notre esprit est exposé au grand jour par des pixels colorés, des images, photos, couleurs, moments, écrits. Notre personnalité est trahie par ces images. Tout cela définit une partie de qui nous sommes. Une partie de notre passé. De nos secrets. Car le futur, n'est pas enregistré dans notre mémoire téléphone.
Si nous perdons notre mémoire, la mémoire digitale reste ; mais se détruit au fil du temps si celle-ci n'est pas conservée dans les meilleures conditions.
Les souvenirs d'un être existe dans les connexions matérielles. Tout comme la mémoire digitale, cependant le souvenir mental d'un individu ne peut être exprimé au grand jour que par la manifestation de ses pensées.

Shiro perdu dans ses pensées manqua son arrêt. Il descendait aussi rapidement que possible du train, se retrouvant sur le quai inanimé d'une gare vide.
Désespéré il s'asseya sur un banc, il était 23h. Le dernier train de passage passait dans quarantes minutes.
Toujours pas de nouvelles de Kuroge.
Il composa son numéro de portable d'une main tremblante, et se décida de lui envoyer un message.

Manqué mon arrêt de train. Somnolant.
Tu fais quoi ?
S.


Après une douzaine de minutes, le téléphone vibra et afficha un message reçu.

Occupé jusque minuit.
Affaire chiante. Mais je rentre après.
Tu veux qu'on se voit ?
Kuro


Un sentiment d'espoir éclairait sa nuit obscure, comme la vision d'une luciole un soir d'été. Malgré les -4°c de cette soirée d'hiver, il allait retourner en ville et rejoindre quelqu'un. Quelqu'un allait l'attendre. Quelqu'un l'attendait.
Cette idée lui rendait le délicat goût de vivre. L'excitation provoquée par cette attente lui retournait le ventre, mais il se sentait léger et heureux d'avoir cette opportunité gratifiante
- d'avoir un ami.